Trois collectifs d’artistes ont été retenus pour un itinéraire de création entre La Bellone – Maison du Spectacle, La Fabrique de Théâtre et l’Observatoire de l’Espace.

A l’issue de l’appel à projets Arrière-Plan, La Cie FullPETALMachine, la Compagnie Laïka et le collectif formé par Rémi Mort, Samy El Ghassasy et Thierry Gilotte vont imaginer des créations scéniques autour des archives graphiques spatiales.

Dessin d’habitacle spatial de Raymond Loewy © 7SQ

A l’issue de l’appel à projets Arrière-Plan, La Cie FullPETALMachine, la Compagnie Laïka et le collectif formé par Rémi Mort, Samy El Ghassasy et Thierry Gilotte vont imaginer des créations scéniques autour des archives graphiques spatiales. La commission a retenu la Cie FullPETALMachine et son projet Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A, la Compagnie Laïka et La Love Capsule et enfin le collectif formé par Rémi Mort, Samy El Ghassasy et Thierry Gilotte avec La hauteur d’un ciel duquel doit tomber, L’eau qui coule et dans laquelle on peut nager. Elles explorent toutes le potentiel dramaturgique des archives spatiales et engagent une réflexion sur le lien entre espace scénique et environnements confinés dans l’Espace. Pour les accompagner dans ce travail de création, La Bellone – Maison du Spectacle, La Fabrique de Théâtre et l’Observatoire de l’Espace ont imaginé un processus de résidence original sous forme d’un itinéraire de création. La première rencontre se fera au Centre National d’Études Spatiales à Paris. Cette journée permettra aux artistes de découvrir plus amplement les archives du corpus et de rencontrer des acteurs du spatial. Les trois équipes lauréates seront ensuite en résidence à La Bellone pour développer et consolider leurs choix esthétiques. Une conférence liée à la problématique de chaque équipe sera organisée. Puis, les trois équipes seront simultanément en résidence studio/plateau à La Fabrique de Théâtre. Pendant trois semaines, les équipes pourront travailler à leur œuvre scénique et à sa mise en espace. Les trois collectifs présenteront le fruit de leur travail lors d’une sortie publique de résidence le 21 octobre à la Fabrique de Théâtre et l’une des créations sera programmée au prochain festival Sidération, en mars 2017 à Paris .

La Cie FullPETALMachine propose Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A, une pièce explorant les points de bascule et de rupture entre fantasme, abstraction et réalité. Sur scène, une conférence-performance se transforme en vol spatial dont Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute d’origine russe, est l’héroïne. Aidée de son assistant, elle s’équipe pour son voyage et partage son goût pour la musique et la littérature avec le public. À partir de plans dessinés au sol, l’engin propulseur se déploie en trois dimensions, montrant le basculement dans le concret de l’exploration spatiale.

La Compagnie Laïka
a imaginé La Love Capsule, conférence gesticulée et musicale autour des moyens techniques et questions soulevées par l’intimité physique et les relations sexuelles dans l’Espace. Les plans y sont conçus comme autant d’habitats dans lesquels tester et éprouver cette intimité physique. Les comédiens incarnent quant à eux des scientifiques en pleine expérimentation d’installations techniques d’étreinte. Qu’ils soient des hypothèses incertaines ou qu’ils débouchent sur des réalités, chaque schéma que la conquête spatiale fait émerger pose un regard sur la façon dont nous pensons le futur.

Avec La hauteur d’un ciel duquel doit tomber, L’eau qui coule et dans laquelle on peut nager Rémi Mort, Samy El Ghassasy et Thierry Gilotte se sont emparés des archives spatiales en concevant un huis clos où l’ambivalence de ce qu’est habiter l’Espace se révèle. De l’utopie à la dystopie, les astronautes à bord de l’ISS sont d’abord en parfaite harmonie avec leur environnement singulier. Au fur et à mesure, le huis clos prend une tournure tragique, les astronautes se mettent à parler en vers. À partir de l’histoire, du langage et des modes d’existence dans ces habitats insolites, l’aventure spatiale apparaît comme laboratoire de notre humanité. Les conditions de vie singulières des personnages deviennent la base d’une utopie très terrestre dans laquelle ils sont tour à tour astronautes, exilés, ermites, prisonniers ou surhommes.


Dessin d’habitacle spatial de Raymond Loewy © 7SQ