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Les Cahiers
de l'Observatoire de l'Espace
le laboratoire arts-sciences
du CNES
Matériaux Processus Créations

SOMMAIRE > janvier-avril 2017 > Éditorial | Matériaux > Les frères Römer, l’enthousiasme allemand pour le vol habité | Processus > Les nouveaux résidents de l’Observatoire de l’Espace > Focus : Projet Arrière plan, un parcours de création franco-belge | Créations > En attendant Mars de Bertrand Dezoteux | Agenda | L'Observatoire de l'Espace du CNES

L’Observatoire de l’Espace, le laboratoire arts-sciences du CNES, élabore et propose à des artistes de tous horizons des protocoles de travail pour alimenter leur démarche de création.

A travers ces cahiers quadrimestriels, l’Observatoire de l’Espace souhaite partager les expérimentations menées avec les artistes et les écrivains mais aussi faire naître de futures collaborations.

Ces cahiers de laboratoire sont l’occasion, au-delà des créations présentées au public, de suivre la démarche de l’Observatoire de l’Espace à travers les matériaux récoltés et les processus mis en place pour faire émerger de nouvelles propositions artistiques
 

Matériaux

 

> Les frères Römer, l’enthousiasme allemand pour le vol habité sous la République de Weimar

Le rôle des illustrateurs dans l’aventure spatiale du XXe siècle n’est pas à négliger. Après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne est désarmée mais se réinvente autour des premières thèses astronautiques et de leur popularisation auprès du grand public.

Projet d’aménagement de station spatiale avec gravité

>Büder Römer, Frontispice de la revue Die Rakete, septembre 1927.. © Deutsches Museum, Archiv

Etude de système de maintien du corps pour Skyla

> Bruder Römer, frontispice de la revue Wissen & Fortschritt, n° 4, 1927.
© Deutsches Museum, Archiv

 

 

 

Au début du XXe siècle, l’esprit positiviste du XIXe siècle persiste encore et suscite la contemplation des instruments technologiques dans les revues et les ouvrages de vulgarisation astronomiques offre un outil privilégié à la transmission et à l’illustration des connaissances. Regarder le projet scientifique permet d’imaginer ce que l’on pourrait voir à travers lui, ce que l’on inventera encore. Ainsi, l’illustration de la puissance physique de l’engin est la preuve visible la plus fiable des capacités de l’homme à se donner les moyens de poursuivre la voie royale du progrès.

Dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, cet enthousiasme est notamment servi par le travail de deux illustrateurs munichois, Hans et Botho von Römer, fondateurs d’un atelier de « propagande artistique et technique » (Atelier für künstlerische und technische Propaganda fondé en 1924). Le premier est architecte et graphiste, il travaille dans une usine de fabrication de machines avant d’ouvrir l’atelier d’illustration familial, tandis que son frère est chef de la publicité pour une société d’aviation. Ils ont donc tous deux une approche de la technologie et de la manufacture industrielle par la communication visuelle qui explique le succès que leur atelier va vite rencontrer. Sous les traits de crayons se révèle une conviction nouvelle : l’illustration peut rendre visible ce que l’esprit conçoit et cet imaginaire se nourrit grâce au progrès permanent des sciences naturelles et de la technique. Elle anticipe l’avenir concret d’un savoir théorique. Leur travail d’illustration défend ainsi cette idée vernienne que l’image peut anticiper les inventions du futur.

C’est donc assez naturellement que les sociétaires de l’« association pour les voyages dans l’Espace » (Der Verein für Raumschifffahrt) approchent les frères Römer pour illustrer les premières couvertures de leur revue Die Rakete fondée en 1927. Au fil des numéros, s’y déploie une vision toujours optimiste de l’avenir et les schémas techniques, dépourvus de toute narration, présentent aux yeux des lecteurs l’engin spatial dans un dessin modelé et précis. Les effets de profondeur, de graduation de couleur et la simplification des formes témoignent d’une envie de séduire le grand public avec ces nouvelles machines cosmiques sans jamais dénaturer les propos des ingénieurs qui les ont imaginées. Des flammes s’échappent des moteurs et l’engin se déploie dans l’image pour offrir une sensation dynamique que bientôt tous les éditeurs et publicitaires allemands, européens et américains vont réclamer.

> Le fonds Römer est conservé au Deutsches Museum de Munich : http://www.deutsches-museum.de/archiv/archiv-online/

 

Processus

 

> Les NOUVEAUX résidents  de l'Observatoire de l'Espace

À la suite de la commission de novembre 2016, Jakuta Alikavazovic et Stefan Eichhorn intègrent le programme de résidence hors les murs de l’Observatoire de l’Espace.

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Jakuta Alikavazovic - Auteur

Jakuta Alikavazovic développe une écriture inspirée par le roman noir et l’histoire contemporaine de l’Europe. Ses recherches s’orientent à l’heure actuelle vers la non fiction et l’essai. Dans le cadre de cette démarche littéraire, elle a pour projet une œuvre touchant à « ce qui n’arrive pas, ce qui aurait pu être ». S’appuyant sur des archives rendues accessibles par l’Observatoire de l’Espace, elle étudiera les projets d’exploration spatiale qui ne sont pas arrivés à leur terme, les raisons de leur échec et les réalités potentielles dont ils étaient porteurs.
 
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Stefan Eichhorn - Sculpteur

Stefan Eichhorn souhaite développer un projet autour des satellites qui ne sont plus en service et qui sont déplacés sur une orbite dite « cimetière ». Son approche consistera en la collecte et le recyclage fictifs d’objets spatiaux envoyés sur cette orbite. Suivra une mise en situation par la photographie des sculptures ainsi créées à partir de ces éléments et comme capturées par le biais d’observations astronomiques. L’Observatoire de l’Espace mettra à sa disposition des documents permettant de nourrir ce projet de recréation des effets de l’activité humaine dans l’Espace.

www.stefaneichhorn.de
 

> Focus <

> Projet Arrière plan, un parcours de création franco-belge.

La Bellone Maison de théâtre à Bruxelles, la Fabrique de théâtre à Frameries et l’Observatoire de l’Espace ont imaginé un parcours de création dramaturgique autour de plans d’habitats spatiaux auquel ont participé trois collectifs d’artistes retenus via un appel à projets.

Bertrand Dezoteux, lors de sa rencontre avec Romain Charles

> Alix Boillot, scénographe de Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A., à La Fabrique de Théâtre © Olivia Csiky Trnka

Bertrand Dezoteux et Carole Tafforin

> Travail autour du projet Love Capsule de la Compagnie Laïka pendant la résidence à La Bellone Maison de théâtre © Cie Laïka

Bertrand Dezoteux et Carole Tafforin

> Recherches visuelles du collectif formé par Thierry Gilotte, Rémi Mort et Samy El Ghassasy © Thierry Gilotte

 

 

L’élaboration de ces projets pour la scène s’est faite à partir d’un corpus d’archives spatiales réunies par l’Observatoire de l’Espace. Le matériau regroupé dans ce corpus de travail fait référence aux plans, schémas, et dessins qui jalonnent l’histoire des véhicules spatiaux habités. Ces espaces clos, que l’on discerne sur le papier, sont à investir comme autant de lieux potentiels pour des narrations alternatives ou des utopies multiples.

Au cours d’un après-midi d’étude la Cie FullPETALMachine, la Compagnie Laïka et le collectif formé par Rémi Mort, Samy El Ghassasy et Thierry Gilotte ont pu se rencontrer et découvrir le corpus en profondeur ainsi que les pièces d’archives qui les accompagnent. Par la suite, l’écriture des projets a été développée pour chacun des collectifs au cours d’une semaine de résidence à la Bellone à la table et en studio. Ils ont également travaillé une journée avec la dramaturge Camille Louis. La Fabrique de théâtre a ensuite accueilli les trois collectifs pour trois semaines de travail au plateau, afin d’éprouver la forme de leur création. Ils ont tous été accompagnés par une équipe technique, son et lumière, et ont aussi bénéficié de l’atelier de construction bois et de l’aide des constructeurs pour élaborer les éléments de leurs décors.

À l’issue d’une présentation publique de sortie de résidence, le 20 octobre 2016, le projet Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A. de la compagnie FullPETALMachine a été choisi pour une programmation au festival Sidération. Le collectif disposera encore d’une semaine de résidence à la Fabrique de théâtre en mars 2017 pour finaliser sa création.

Les trois projets :
http://www.cnes-observatoire.net/actualites/actu2/
105_laureats-arriere-plan/laureats-du-projet-arriere-plan.html

Les partenaires :
http://www.bellone.be/
http://www.lafabrique.be/

 

Créations

 

En attendant Mars de Bertrand Dezoteux

Le plasticien et vidéaste Bertrand Dezoteux, entré en résidence à l’Observatoire de l’Espace en avril 2015, poursuit son parcours de création par l’exposition En attendant Mars, réalisée sous le commissariat de Gael Charbau, à la galerie Audi Talents en janvier 2017.

Bertrand Dezoteux

> Bertrand Dezoteux travaillant sur la maquette du module de simulation Mars 500
© CNES/Perrine Gamot

Bertrand Dezoteux

> Détail de la maquette de En attendant Mars
© Bertrand Dezoteux

Bertrand Dezoteux

> Installation plastique et vidéo En attendant Mars
© Bertrand Dezoteux

 

 

 

Son projet évolue depuis deux ans autour de l’expérience de confinement Mars 500 menée à l’IMBP (Institut des problèmes bio-médicaux) à Moscou en 2010-2011. Simulant un voyage à destination de Mars d’une durée de 520 jours, cette expérience a permis d’étudier les réactions physiologiques et psychologiques des six astronautes « embarqués » dans la réplique d’un module spatial situé dans les locaux de l’IMBP. S’éloignant du numérique, support habituel de ses œuvres, Bertrand Dezoteux a imaginé une reconstitution de l’expérience grâce à une maquette et des marionnettes, l’ensemble devenant le plateau de tournage d’un film où ont été recréées des scènes de vie de ces astronautes.

Afin de construire son projet plastique, Bertrand Dezoteux a bénéficié du soutien de l’Observatoire de l’Espace dans le cadre de son programme de résidence hors les murs. Celui-ci a consisté en une mise en relation avec des spécialistes de l’étude des comportements humains en situation de confinement comme l’éthologue Carole Tafforin rencontrée en mai 2016 à l’occasion des journées d’exploration organisées par l’Observatoire de l’Espace. Il a également pu y échanger avec Romain Charles, astronaute français ayant participé à Mars 500. (Voir Cahiers n°5). Par la suite, une visite du lieu même de l’expérience a été organisée à Moscou. Bertrand Dezoteux a ainsi pu effectuer des mesures précises en vue de la construction de sa maquette et rencontrer certains des acteurs russes de Mars 500. Ce travail minutieux lui a permis de concevoir une œuvre où la recherche scientifique est non seulement la source d’inspiration mais aussi le matériau premier de la création artistique.

Lauréat du prix art contemporain aux Audi Talents Awards en 2015, il expose du 11 janvier au 5 février 2017 la maquette, le film de marionnettes et un montage d’extraits vidéo filmés pendant l’expérience Mars 500.

http://cnes-observatoire.net/memoire/creation_residences/
immersion_dezoteux/residences_bertrand-dezoteux.html


http://www.auditalentsawards.fr/

Agenda

 

L'Observatoire de l'Espace du CNES organise, soutient ou participe à des projets, rencontres, expositions, événements, festivals, spectacles.

En attendant Mars, Bertrand Dezoteux
Du 11 janvier au 5 février – Galerie Audi Talents, Paris (75)
Inspiré par le projet de simulation d’exploration spatiale Mars 500, Bertrand Dezoteux a créé une maquette, plateau de tournage d’un film de marionnettes rejouant des scènes vécues pendant cette expérience. À travers une installation vidéo et plastique, il présente ce travail de création.
>     Infos : Tel : 01 76 54 16 23     Site : http://www.auditalentsawards.fr/


Musique d’Ailleurs, Les Voyageurs de l’Espace
Le collectif musical de l’Observatoire de l’Espace, constitué de Didier Petit, Claudia Solal et Philippe Foch présente en concert un ensemble de textes inédits ou extraits du répertoire de la chanson française qui expriment le rapport de l’être humain à l’Espace.
3 février – Salle Claude Debussy, Joigny (89)
>     Infos : Tél : 03 86 62 43 85     Site : http://www.ville-joigny.fr

9 mars – Atelier du Plateau, Paris (75)
>     Infos : Tél : 01 452 41 28 22    Site : http://www.atelierduplateau.org

Artpress 2, Images de l’Espace
23 février – Rencontre au CNES, Salle de l’Espace, Paris (75)
Plans, maquettes, reportages, vues d’artistes, etc., le 44e numéro d’artpress 2 présente un ensemble de contributions interdisciplinaires, scientifiques et artistiques, qui explorent la formation, la diffusion et l’impact des images de l’Espace.
>     Infos    Site : http://www.artpress.com/category/artpress2/


Space Girls, Carole Thibaut
8 mars – Théâtre des Îlets, Montluçon (03)
Présentée lors du festival Sidération en 2013, cette performance aborde la question de la place des femmes dans l’Espace et ce qu’elle reflète des inégalités entre les genres sur Terre.
>     Infos : Tél : 04 70 03 86 18     Site : http://theatredesilets.com/


Revue Espace(s)
24 mars – En librairie et sur le site Editions
Le 14e numéro de la revue Espace(s) interroge le rapport de l’Espace à l’utopie à travers des contributions plastiques et littéraires et présente les travaux des résidents de l’Observatoire de l’Espace.
>     Infos    Site : http://cnesobservatoire-leseditions.fr/


Festival Sidération
Du 24 mars au 26 mars – Siège du CNES, Paris (75)
Autour du thème de «L’Espace, lieu d’utopies», la 7e édition du festival Sidération accueille pendant quatre jours une trentaine d’artistes de la scène et de plasticiens afin d’explorer les utopies inspirées de l’Espace.
>     Infos    Site : http://www.cnes-observatoire.net/


Symposium Images de l’Espace
30 et 31 mars – Haute École d’Art et de Design, Genève (Suisse)
Conçu comme un approfondissement des questions soulevées dans artpress 2 n°44, ce colloque s’attachera à saisir la place des images produites par l’exploration spatiale dans l’histoire des représentations.
>     Infos    Site : http://www.cnes-observatoire.net/


 
L'observatoire de l'espace du CNES

Au sein du CNES, l'Observatoire de l'Espace est un laboratoire « Arts-Sciences » qui propose une démarche originale pour faire émerger savoirs et créations autour de l’Espace. En révélant la présence du spatial dans notre histoire, notre imaginaire et notre quotidien, l’Observatoire de l’Espace propose un nouveau regard sur notre société contemporaine. Pour partager avec chaque citoyen la richesse de l’aventure spatiale, l’Observatoire de l’Espace travaille avec des artistes, des chercheurs de tous horizons et des institutions culturelles et présente le fruit de ces collaborations sous des formes variées : livres, expositions, festivals, rencontres.

Pour nous contacter par courriel :

Site :

Les Cahiers de l'Observatoire de l'Espace du CNES 
Responsable de la publication : Jean-Yves Le Gall - Responsable de la rédaction : Gérard Azoulay - Ont collaboré à ce numéro : Perrine Gamot, Elsa de Smet et Guenièvre Kervella Delachaussée - Design graphique : Alexandre Szames - Maquette : Active Design
© CNES - janvier-avril 2017