Sous le signe de Saturne De et par Véronique Caye

Dès que le musicien Ramon Lopez joue de sa batterie il nous plonge dans une ambiance d'étrangeté. Mais quand Michel Raji monte en scène, et que le souffle de sa respiration, produit avec force, se perçoit étroitement lié à ses gestes, nous savons que nous sommes embarqués vers un ailleurs radical. La montée en tension pourrait s'apparenter à un rituel de transe d'un corps déployé de plus en plus rapidement en mouvement jusqu'à se mettre en rotation sur la scène. Abandonnant son long vêtement blanc, il laisse flotter presque à l'horizontale la corolle finale de sa tunique noire semblable à celle des soufis, il naît alors l'impression d'un décollage durant lequel les étages successifs de la fusée sont rejetés, pour atteindre, et nous avec, les plus hautes sphères en apesanteur de cette "chorésophie".

 

Différents dans l'Espace mais réunis dans le temps
du danseur derviche tourneur Michel Raji et du batteur
Ramon Lopez
16/22