5. Faute de mieux, on constate : voilà le sort du piéton sur la Terre et du même piéton lâché à mi-hauteur – on constate par exemple, en s’étonnant un peu (quand même : l’hommage du profane au mystère révélé), que l’apesanteur s’exerce de tous les côtés à la fois, pas seulement vers le haut, mais sur les flancs, entre chaque doigt, et les orteils. Si l’impondérabilité, comme la flottaison, n’est pas directive, elle ressemble alors à un épanouissement : la légèreté de soi à l’intérieur de soi (et à la longue, si jamais flotter devenait une habitude, une expérience ontologique).

Extrait du texte de Pierre Senges

Pierre Senges a participé en octobre 2013 à un vol en impesanteur à bord de l’Airbus Zéro-G, dans le cadre de la résidence « Des écrivains en impesanteur » de l’Observatoire de l’Espace.

« Travailler sur la question de la chute comparée à l’envol, et plus précisément sur la gravitation comparée à l’absence de gravité, me permet de mettre en place un cadre narratif et d’évoquer sous la forme de l’essai fictionnel des questionnements fondamentaux : l’attachement de l’homme à la matière (au globe terrestre) et son désir d’émancipation ».

Extrait de la demande de résidence de Pierre Senges

Avec le musicien Jean-Jacques Birgé, il a mis en scène et en musique pour Sidération le texte qu’il a écrit suite à cette résidence, et qui est publié dans le dixième numéro de la revue Espace(s).

 

Remarques faites (ou subies) la tête en bas
Une lecture de Pierre Senges mise en musique par Jean-Jacques Birgé.
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