Didier Petit, violoncelliste, résident en octobre 2015



Projet
Didier Petit explore les relations entre musique et monde spatial depuis 2009 au sein de la formation pluridisciplinaire Les Voyageurs de l'Espace et souhaitait aller plus loin dans l'expérimentation avec un projet personnel lié à ses recherches sur la corporalité de sa pratique musicale. En tant que violoncelliste, il met à l'épreuve les contraintes apparentes de son instrument pour en démontrer la maniabilité et les multiples manières de créer du son qui en découlent. En montant à bord de l'Airbus ZERO-G en octobre 2015, son projet était d'affronter la perte de poids et donc la disparition d'un facteur essentiel dans son lien au violoncelle. Il se donnait pour objectif de composer une œuvre inspirée de cette expérience inédite.

Création


De sa résidence en impesanteur, Didier Petit a tiré un ensemble de sensations qu'il a d'abord couchées sur le papier en mots et en croquis. Ce premier travail de réflexion a été suivi de la création de la partition elle-même. Intitulée La Main de l'âme, elle évoque le vertige des injections et ressources, ces phases qui rythment la résidence et provoquent les très courtes périodes d'impesanteur. Elle est aussi une formalisation de l'expérimentation menée pendant l'une de ces phases en ZERO-G. Didier Petit avait préalablement au vol conçu le cosmocelle, un violoncelle particulier, suffisamment petit pour être emporté à bord et protégé par un matelassage pour garantir la sécurité de sa manipulation. Les mouvements et sons produits au cours de la résidence ont ainsi été retranscrits et affinés pour constituer enfin La Main de l'âme.



Didier Petit jouant de son cosmocelle pendant sa
résidence en impesanteur © D.R.


La pièce a été jouée en public pour la première fois à l'occasion de la 6eme édition du festival Sidération. Le festival portait en 2016 sur le thème des Robots, cyborgs et autres compagnons que nous nous créons au fil de l'aventure spatiale. Le cosmocelle de Didier Petit et, par extension, la musique se sont affirmés comme moyens essentiels pour saisir l'impensable de l'expérience de l'Espace. La Main de l'âme étant conçue pour trois violoncelles, elle a été interprétée par Didier Petit, Jean Gaudy et Anaïs Moreau. Une projection vidéo de Jean-Yves Cousseau accompagnait sur scène les musiciens et déployait par l'image le même sentiment d'inst++RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan redectcet2500RECETTES2500bilan eacute; et de fascination que la musique.

La main de l'âme de Didier Petit
La Main de l'âme au festival Sidération 2016
© CNES/Perrine Gamot


L'intégralité de la partition a par ailleurs été publiée dans la 12eme revue de création Espace(s) parue au printemps 2016. Elle permet d'offrir un autre regard sur le processus de création de Didier Petit et la manière dont il s'est emparé aussi bien musicalement que visuellement de l'expérience de l'impesanteur.


Extrait de la partition de La Main de l'âme
Extrait de la partition de La Main de l'âme © Didier Petit

Biographie
Didier Petit s'est rapidement tourné vers le jazz, entendu dans toutes ses ouvertures possibles. Il a créé en 1990 la maison de disques In situ dédiée à la musique contemporaine. Didier Petit collabore avec l'Observatoire de l'Espace depuis plusieurs années notamment lors du festival Sidération ou dans la formation Les Voyageurs de l'Espace qui regroupe musiciens, artistes, auteurs et acteurs autour de films, de textes et de musique.