Imaginaire contre science?




Le 3 avril 2008, au Centre de Création Contemporaine de Tours, l’Observatoire de l’Espace a organisé une rencontre entre François Forget, chercheur au CNRS spécialiste de Mars, Frédéric Vaësens, artiste plasticien, et une quinzaine d’étudiants, dans le cadre de leur projet MARS, Nuit rouge, une parenthèse atmosphérique. Ce projet d’exposition, sous la direction de Pascal Rousseau, maître de conférences à l’Université François Rabelais de Tours, a réuni David Balula, Ewen Chardronnet, Loris Gréaud, Christian Merlhiot et Frédéric Vaësens le 24 mai 2008, la veille de l’arrivée de la sonde Phoenix près du pôle Nord de Mars.

D’emblée, François Forget a pointé qu’expérimenter en vrai des instruments sur Mars était bien plus intense que toute fiction ou représentation fantasmatique qu’il avait pu croiser ! Puis, s’appuyant sur des images de Mars prises par des sondes satellisées et des robots sur place, il a montré que le ciel martien est globalement rose saumon, contrairement aux simulations trouvées sur Internet où contrastes et couleurs sont forcés. Cette couleur est due à la suspension de poussières comportant du fer oxydé. François Forget a ensuite évoqué les tempêtes de poussières, les cyclones, les variations de la calotte d’eau glacée et de la calotte de neige carbonique et les perturbations atmosphériques liées. Il a expliqué que ce n’est qu’au moment où se déchaînent ces grandes tempêtes que l’atmosphère martienne, chargée de nombreuses particules, prend sa fameuse coloration rouge orangée…

Pour sa part, Frédéric Vaësens s’est essentiellement interrogé sur la validité du dispositif d’éclairage qu’il projette pour l’exposition du 24 mai. Ce dispositif, inspiré du travail de lumière du film Mission to Mars de Brian de Palma, présente une lumière issue de la réflexion sur plaques de cuivre d’ampoules à incandescence, à faible distance du sol. Quel effet cela peut-il avoir sur les spectateurs ? Une question qui a occupé le scientifique et l’artiste jusque dans le train de retour à Paris...

François Forget a conclu en disant qu’il existait au moins trois Mars : celle fantasmée, celle scientifique (mesurée et calculée), et celle quasi vécue, évoquée à travers un vocabulaire courant (nuages, geysers, etc.) par ceux qui y développent des activités. Son livre, La planète Mars : histoire d’un autre monde (Belin, 2006), co-écrit avec François Costard et Philippe Lognonné, est l’une des publications les plus riches en illustrations sur la Planète rouge. Gageons que les participants à cette rencontre ont couru l’acheter !

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