Les femmes et l’Espace

Une table-ronde consacrée aux femmes et à l'Espace dans le cadre de la programmation de Fantaisies, spectacle de Carole Thibaut, à la Maison des Métallos.

Le 24 mai 2014 à 19 h, à la maison des Métallos (Paris 11e), Carole Thibaut présentait Fantaisies, son spectacle-performance sur la condition féminine, précédé de Space Girls, une performance spatiale créée lors du festival Sidération 2013 en collaboration avec l'Observatoire de l'Espace.

Rencontre Les femmes et l'Espace
Carole Thibaut, Silvia Casalino et Gérard Azoulay
© CNES / Perrine Gamot


En préambule, une table-ronde consacrée à la place des femmes dans l’Espace a réuni à 16 h Carole Thibaut, Silvia Casalino et Gérard Azoulay, introduite par la projection de No Gravity, film de Silvia Casalino, dans lequel, à partir de sa propre candidature pour devenir spationaute, la réalisatrice nous aide à comprendre pourquoi une femme, malgré son courage, sa détermination et sa formation de haut niveau, a toujours moins de chances qu'un homme d’être sélectionnée pour un vol spatial. Au fil des rencontres avec Françoise Bories, une des premières collaboratrices du CNES en Guyane, avec la biologiste et féministe Donna Haraway, la spationaute Claudie Haigneré, la spécialiste russe de médecine spatiale Adilya Kotovskaïa et la première astronaute afro-américaine Mae Jemison, le film ouvre une perspective plus globale sur la notion de genre et sur ses représentations.

La réflexion s’est prolongée lors de la table-ronde sur la place des femmes dans la société en général. Il semblerait que leur rôle dans les agences spatiales ne soit ni inférieur ni supérieur à celui qu’elles occupent dans les autres secteurs de l’économie. L’histoire du vol spatial, en revanche, est marquée par la fabrication de héros, processus dans lequel une place très réduite est laissée aux femmes. Ainsi, au début du programme Apollo, les candidats astronautes sont tous des pilotes de chasse blancs et mariés alors que, côté soviétique, même avec Valentina Terechkova, première femme cosmonaute, le pouvoir soviétique s’attachera à montrer avec son mariage ultérieur et la naissance de sa fille, qu’elle reste une femme avant d’être une cosmonaute. Cette héroïsation, qui se traduit pour les intéressés par beaucoup de sollicitations médiatiques génératrices de rêve pour le grand public, masque le fait que l’Espace est une aventure collective, où l’astronaute n’est que la partie visible d’un dispositif comprenant des équipes nombreuses et pluridisciplinaires.

Dans un tout autre registre, le public se demande si un accouchement en apesanteur a déjà été réalisé ou planifié. A ce jour, les études d’embryologie les plus poussées ont porté sur la fécondation des pleurodèles (salamandres) : aucune transposition à l’espèce humaine n’est à l’ordre du jour.

A la fin de la rencontre est soulevée la question de savoir ce qui pousse les femmes à aller dans l’Espace, si inhospitalier pour l’organisme humain. La réponse apportée est qu’il s’agit également d’un combat politique, celui d’accéder aux mêmes fonctions et aux mêmes responsabilités que les hommes. Un parallèle est fait avec le monde de la culture, dans lequel il reste beaucoup à faire pour aller vers une situation homme / femme plus équilibrée.





 

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L’astronaute Sandra Magnus